Benjamin Hébert

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Benjamin Hébert

Message par Damien le Mer 20 Avr - 9:55

Bizarrement, je n'ai pas trouvé de sujet "Hébert" sur le forum...
Alors qu'il mérite !

Un "papier" très bien écrit sur Benjamin Hébert sur le site de la fédé, où on en apprend un peu plus sur le bonhomme....

http://www.ffgolf.org/Golf-pro/Portrait-Benjamin-Hebert-nouvelle-vague


Portrait : Benjamin Hébert, nouvelle vague
20/04/2016
Photo : Jean-Louis Aragon / ffgolf

En surfeur passionné, ce gaillard de 1 mètre 84 enchaîne allègrement les belles figures depuis le début de sa carrière professionnelle. Grâce à trois victoires sur le Challenge Tour en 2011, il accédait au grand Tour mais sans pouvoir y surnager. Après deux années passées à se débattre dans les pièges d’un mauvais tube, il refaisait très bellement surface avec trois nouveaux succès sur le Challenge en 2014 et une superbe 65e place dans la Race to Dubai en 2015. Avec déjà trois top 10 en 2016, le voici installé durablement en haut de la vague.



Sept tournois disputés, sept cuts franchis, trois top 10 ! Benjamin Hébert a commencé on ne peut mieux sa deuxième saison consécutive sur le Tour. Le premier tournoi de la saison, fin novembre 2015 en Afrique du Sud, le voyait monter sur la troisième marche du podium. Après une 9e place obtenue fin février en Australie, puis le 7e rang arraché le 13 mars à l’Open de Thaïlande, il occupe la 37e place de la Race to Dubai avec un total de 230 798 euros. Autant dire, à 20 000 ou 30 000 euros près, que sa carte pour 2017 est déjà dans sa poche ! Le voici de retour à la compétition à l’occasion du Shenzhen International, cette semaine en Chine.

Benjamin n’a en effet plus joué depuis l’Open de Thaïlande. Ces quatre semaines d’arrêt lui auront peut-être permis de faire un premier point après son brillant début de saison. Malgré ses belles performances, il se déclarait très frustré, notamment par son quatrième tour à Hua In. Ce que l’on peut comprendre si l’on considère qu’il occupait la 5e place à 4 coups du leader avant ce dernier tour à l’issue duquel il déboursait 7 coups sur le vainqueur et rétrogradait à une 7e position, loin de ses espérances. Et que l’on comprend encore mieux lorsqu’il explique de quoi il retourne.
Un sentiment de frustration

« Le gros de mon travail cette année va être de lutter contre cette frustration permanente qui me bouffe sur les parcours, explique-t-il. Elle me bouffe nerveusement et elle me bouffe des points sur ma carte. Dès que je rate un coup, que je sens que je n’ai pas été assez concentré, ça me tend, ça m’agace beaucoup. Et ça finit par me coûter très cher alors que ce sont des erreurs que je peux éviter facilement parce que je joue vraiment très bien en ce moment, je me sens bien. J’ai du mal à gérer ça, je suis peut-être trop perfectionniste. »

Un coup de perdu lorsqu’on se situe dans le ventre mou du classement n’a pas vraiment de conséquence. C’est tout autre chose lorsque l’on se bat pour la victoire ou pour une belle place d’honneur le dimanche. Il suffit de regarder les cartes de Benjamin lors de ses trois top 10 cette saison : bogey sur le dernier trou en Afrique du Sud qui le fait passer de la 2e à la 3e place; triple et bogey au 14 et au 17 en Australie; bogey au 16 en Thaïlande…

Mais avec la régularité dont il fait preuve depuis le début de la saison, d’autres occasions se présenteront. Certains chiffres sont très parlants : Benjamin en est actuellement à 15 cuts consécutifs et, sur les 60 tours que cela représente, il n’a joué que 6 fois au-dessus du par, dont trois fois pour un seul coup. Rien d’étonnant à ce qu’il figure au 7e rang du classement du stroke average, avec une moyenne de 70,14 coups par tour.

Il ne manque effectivement pas grand chose pour que les vrais coups d’éclat se multiplient. « Olivier Léglise, mon coach, me dit que si je veux passer ce cap ce n’est pas forcément au practice que je vais trouver la solution. Mais je sais aussi que je ne suis pas assez performant au chipping et au putting. Mon objectif cette année était bien sûr de garder la carte mais surtout de jouer la finale de la Race à Dubaï. Comparé à l’an dernier, je sais que je pars avec un gros avantage… »

Benjamin se félicite en tout cas d’avoir trouvé la bonne façon de fonctionner avec Olivier Léglise et ses partenaires d’entraînement : « Avec Greg [Bourdy], Édouard [España] et Romain [Wattel], on s’observe, on se stimule les uns les autres. C’est super de s’entraîner avec la crème des joueurs. Mon team de management, E&G, m’aide aussi beaucoup, ça me libère de toute l’intendance, de la recherche de sponsors, de la com, c’est un grand soulagement. J’ai juste à penser au golf. »
La passion du surf

Benjamin s’en garde bien car il pense aussi beaucoup au surf, une discipline pour laquelle il a eu le coup de foudre à Tahiti où il a vécu de 14 ans à 18 ans avec ses parents, tous deux professeurs : « C’est une passion ! C’est même plus qu’une passion. Le surf c’est très cool, mais il y a une dimension supplémentaire : contrairement à la neige et à la montagne, la mer est en perpétuel mouvement. Glisser sur l’eau suppose d’être tout le temps en connivence avec elle, ça demande de la concentration, d’avoir le timing. Ça fait 15 ans que j’en fais, je me débrouille pas mal et je prends beaucoup de plaisir. La sensation que procure le fait d’être debout sur une vague est extraordinaire. Ça me vide la tête, je ne pense plus à rien, ça me fait énormément de bien. »
Ben Hébert corps texte

Ce n’est pas pour rien que notre surfeur est installé depuis belle lurette sur la côte landaise, à Moliets. Bien plus pratique que Brive, la ville où il est né il y a 28 ans et où rien, sinon le hasard, ne le prédestinait au surf ni au golf. Mais en hiver, dès que l’occasion se présente, il s’en va visiter les spots les plus renommés. C’est ainsi qu’il découvrait Hawaï en décembre dernier : « Je m’attendais à être impressionné mais c’est encore plus magique que je ne pensais. Dommage que ce soit si loin. »

À entendre Benjamin Hébert, on pourrait penser que chez lui le surf prend le pas sur le golf. Et ce ne serait pas faux. « Oui, je suis plus passionné par le surf que par le golf, reconnaît-il. Bien sûr, j’aime jouer, j’aime m’entraîner, me battre en compétition, jouer de beaux parcours. Mais le golf, qui au début était un loisir, est devenu une passion mais aussi mon métier. Toute la différence est là. Parfois, le golf me soûle presque. Je suppose que si j’étais surfeur pro, ça me prendrait aussi la tête par moments. Pour moi, le surf c’est la liberté, même si plusieurs sessions dans la même journée ça peut être très intense physiquement. »

Il ne faudrait cependant pas se méprendre. Benjamin n’en est pas au stade de ces quelques joueurs britanniques pour qui le golf n’était que le moyen d’assouvir leur passion de la pêche. « J’ai toujours l’envie et la passion du golf, rassure-t-il. Remporter des victoires tout court, des victoires personnelles, sur soi-même, c’est génial. Ça procure des émotions incroyables. »
Une brillante carrière amateur

L’émotion de la victoire en tournoi, Ben connaît bien ça. On pourrait même dire presque un peu trop ! Il comptabilise en effet six succès sur le Challenge, trois en 2011, trois autres en 2014. Un record ! « J’aurais préféré ne pas avoir les trois derniers », assène-t-il. C’est que l’amoureux de la mer a beaucoup joué du yoyo à ses débuts professionnels.

Après une carrière amateur plutôt très brillante, couronnée par un titre de champion d’Europe individuel en 2007, une quatrième place aux championnats du monde par équipes en 2008 et une passage par le 5e rang du classement mondial, les choses se sont un peu compliquées, les crêtes et les creux de vagues se sont multipliés.

Premier tour des cartes européennes chez lui à Moliets, fin 2008, sur un parcours qu’il connaît par cœur : « Pan, je les rate ! » Il passe 2009 sur le Alps Tour tout en jouant quelques tournois du Challenge Tour grâce à des invitations et il trouve le moyen de gagner sa carte sur ce dernier circuit. Pour rien : à la fin de la saison, il franchit toutes les étapes des cartes européennes et gagne celle du grand Tour pour 2010 !

« C’était un peu tôt, je n’étais pas préparé, avoue-t-il. J’ai passé plusieurs cuts mais j’étais loin de faire la carte. Ça a quand même été une super expérience, et j’ai pu côtoyer les meilleurs. Financièrement, ça m’a aussi fait du bien puisque ça m’a permis d’assurer la saison suivante. »
Des hauts et des bas
Hébert avec Léglise

Benjamin Hébert avec Olivier Léglise.

Retour sur Challenge Tour en 2011 et changement d’entraîneur. Christophe Berthet — avec qui il travaillait depuis 2005 — parti diriger le golf des Aisses, Benjamin fait appel à Laurent Cabanne. En deux mois, entre le 17 juillet et le 28 août, il remporte 3 tournois ce qui lui vaut de terminer la saison sur le Tour.

Malgré ces brillants succès, les deux années suivantes s’apparentent à une grosse tasse bue sur le Tour puis sur le Challenge. « Avec Laurent on était parti sur le principe que si on travaille on y arrive. C’est vrai pour certains, ça ne l’est pas pour moi. J’ai beaucoup bossé les hivers mais je me suis cramé. Ça a été deux années horribles. J’ai voulu changer mes habitudes, ma façon d’être, tabler sur la quantité plutôt que sur la qualité. C’était de l’acharnement et je suis passé complètement à côté. »

En cours de saison 2014, alors qu’il n’avait même pas une catégorie pleine sur le Challenge Tour, il prend contact avec Olivier Léglise, ce qui lui permet d’attraper une belle vague et de remporter trois nouvelles victoires. « Avec Olivier, j’ai retrouvé le plaisir de jouer, je me suis retrouvé en tant que joueur et compétiteur. Et depuis, c’est une progression constante. »

Cette pente régulièrement ascendante a cependant connu un grand pic lors du Dunhill Links de 2015 dont Benjamin prenait une 4e place ex aequo. « Ma carte était pratiquement acquise, je me sentais de plus en plus à l’aise, je sentais qu’il y avait quelque chose et ça a été un déclenchement. Je me suis dit tu as le niveau, tu as les moyens d’y arriver. J’étais en tête à six trous de la fin mais je ne pensais pas à la victoire. Mon objectif premier était de finir sans faire de grosse erreur. J’ai joué en dedans, ce n’était pas très mousquetaire mais je ne voulais pas risquer de tout perdre. Ça m’a appris que je pouvais gérer ce genre de situation aussi. »
Un faux cool

Preuve de sagesse ? Peur de gagner au plus haut niveau ? Benjamin assure que cette angoisse lui est maintenant étrangère. « Quand j’étais amateur, oui, je n’osais pas gagner. La peur de devoir faire un discours devenait une hantise. On est un peu tous comme ça. C’est comme quand on arrive sur le Tour et qu’on commence à bien jouer. Les caméras approchent et c’est un peu la panique. Il faut le vivre, apprendre à gérer tout ça. Je sais que si j’ai la tête bien en place au bon moment, je peux aller chercher une victoire sur le Tour. »

Peut-être manque-t-il à Benjamin d’être un peu plus en accord avec lui-même sur un parcours. Cyril Miranda, son cadet — pro au golf d’Ilbarritz lorsque son joueur part surfer — incite à se méfier des apparences : « Ben a l’air très calme comme ça, quand on le voit, mais c’est un faux calme. » Le joueur en convient : « C’est vrai que je suis un faux cool. Pourtant, j’ai toujours été assez réfléchi sur les parcours. Je les aborde sans les agresser, avec une certaine intelligence de jeu et Cyril m’aide là-dessus. C’est un peu en contradiction avec mon caractère parce que je suis plutôt anxieux, excité, impatient. »

Maintenant que sa carte est pratiquement acquise, Benjamin, qui se définit « plus timide qu’extravagant », trouvera certainement pour le reste de la saison l’esprit de liberté dont il s’imprègne sur les vagues des océans. Et plutôt que jouer un peu en dedans, timidement, il laissera son talent surfer sans entraves sur les fairways comme sur les greens, avec un peu d’extravagance.
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Re: Benjamin Hébert

Message par kokoro le Mer 20 Avr - 10:16

Enaccord
Pour sur, il le mérite.
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Re: Benjamin Hébert

Message par Birdy le Mer 20 Avr - 12:18

Il a l'air d'avoir la tête sur les épaules. Manque plus qu'une victoire (il en a les moyens) sur l'ET et cela pourrait être un beau chemin.
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Re: Benjamin Hébert

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